Énoncé artistique

Mes principales sources d’inspiration sont les mystères des mondes naturels et psychiques.

J’interroge le désir humain d’emprisonner et nier sa propre nature émotionnelle. Mon travail cherche à mettre en évidence le paradoxe entre le désir d’être libre tout en ignorant sa responsabilité envers l’environnement et l’humanité.

Photo: Rachelle Richard-Léger

Les quinze premières années de ma carrière sont marquées par des œuvres figuratives en peinture à l’acrylique et dessins grand format. Les années 2000 marquent un virage vers l’abstrait et une approche plus intuitive de la création. En particulier dans la série « Enveloppé d’une fragilité humaine » où je laissais surtout mes œuvres se révéler au fil d’un processus que je dirige sans toutefois le contraindre. Tout comme un journal visuel, le geste à l’origine de mes créations picturales est une réponse à mes états intérieurs. Mon travail s’exprime par la suite en photographie et en sculpture que je combine parfois. En photographie, j’explore les paysages, les ambiances atmosphériques ainsi que le microcosme et le macrocosme de nos forêts. Je documente ce qui se présente devant moi dans l’instant du moment. Je contemple souvent mon entourage. Principalement centrées sur les paysages de mon Acadie, mes créations plus récentes questionnent le regard du public sur les œuvres exposées ainsi que notre rapport à l’environnement.


D’autre part, mes sculptures naissent souvent à l’aide de jeux et d’expérimentation. Tel un scientifique, je cherche et combine diverses idées et objets recueillis. J’utilise le bois, le métal et le verre en sculpture, soignant les contrastes et les variations de textures des métaux angulaires et solides omniprésents dans le monde industriel et mettant en opposition la douceur et la maniabilité du bois versus le verre fragile, translucide qui peut inciter à l’intimité et à l’introspection. J’incorpore souvent des éléments répétitifs qui emprisonnent ou submergent un sujet passant ou vulnérable. Des espaces vides rappellent qu’il existe flexibilité et ouverture.

Depuis quatre ans mon langage visuel traduit de plus en plus près l’emprisonnement de l’épanouissement humain, l’état de nos forêts et du monde naturel – un cheminement intérieur vis-à-vis la société et l’environnement en crise. Témoignant de cette approche, pour mes trois dernières installations, « Ego sentio, ergo sum », « Internum fortitudinem » et « Continuum », présentées en galerie, les murs étaient complètement recouverts en noir pour créer l’isolement.